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Septembre 2012
Que sait du désert celui qui ne regarde qu'un grain de sable?


Michel René -

Nous sommes constitués de telle façon que nous avons tout pour tout. Tout pour tout percevoir, tout pour tout apprendre, tout pour tout construire, tout pour tout obtenir, tout pour faire un tout de notre vie. Même certains qui souffrent de grandes lacunes nous prouvent qu’ils peuvent arriver à se réaliser. Il y a toujours une porte de sortie, une ouverture sur l’espoir, un passage vers la réalisation de soi. Mais nous avons une curieuse tendance, nous les humains, à ne pas voir plus loin que le bout de notre nez. À trop nous river le nez sur notre quotidien, nous en oublions de cheminer sur le sentier des possibilités. Que sait du désert celui ou celle qui ne regarde qu’un grain de sable?

Une fois lancés dans la vie, nous nous enfermons dans un carcan de certitudes, nous nous coinçons dans un étau de contraintes, nous nous peignons dans un cadre d’illusions, de fausses satisfactions, nous nous enlisons dans un ralentissement de nos forces de vie. Nous nous sécurisons. Nous établissons nos paramètres, nous encerclons nos relations, nous clôturons nos propriétés, nous formalisons nos idées en vérités et… nous attendons. Mais qu’attendons-nous? Que la vie nous porte vers un ailleurs meilleur que nous n’osons rêver? Que les autres nous apportent ce que nous n’osons demander? Que la vie dure le plus longtemps possible ou qu’elle s’abrège au plus tôt pour nous libérer de nos souffrances? L’attente est la pire ennemie de la vie. L’attente et nos fausses attentes attentent à notre évolution personnelle.

Observons l’enfant de deux ans dans son quotidien. Ne donne-t-il pas vie à toutes ses envies? N’est-il pas dans ses jeux le plus sérieux du monde? Ses éclats de rire n’emportent-ils pas toutes ses frustrations aux confins de l’oubli? Ne répond-il pas sur-le-champ à toutes ses pulsions? Il est en pleine croissance et son esprit est dirigé vers l’avant tout en étant toujours présent au présent. Pour lui, le passé n’existe pas. Chaque moment est un grand moment. Sa vie est au plus beau, au paroxysme de l’émerveillement, au zénith de la découverte. Dans un grain de sable, ne verrait-il pas tout un fourmillement de possibilités? À ce grain de sable, il en ajouterait un autre et un autre pour qu’enfin prenne forme une forme informe qui pour lui serait gâteau, vaisseau, château, animal, balle ou simplement motte de sable qu’il pourra défaire et refaire sans cesse. Son énergie est immense, son imagination est sans limites, il est bouillon de vie.

Mais non, la vie appartient aux adultes et l’enfant doit vite se contraindre aux règles, aux us et coutumes, aux interdits et ses forces créatives s’amenuisent au fil du temps. Comme nous tous, il s’installera dans un relatif confort et en oubliera le grain de sable qui l’éveillait à la vie. Un jour, comme on le lui aura enseigné, son grain de sable deviendra poussière. Est-ce notre limite dans le temps qui limite nos envies?

Chanceux ceux qui avancent dans la vie avec l’esprit grand ouvert, avec la curiosité de tout découvrir, le désir de tout refaire. Qui sait? Peut-être ce grain de sable est-il une planète dans le monde de l’infiniment petit. Et ne serait-ce pas dans cet infiniment petit que nous pourrions découvrir l’infiniment grand? La vie se construit souvent sur des rêves. Et si l’on veut vraiment rêver, il serait peut-être temps de se réveiller. Nous découvririons peut-être que, dans le désert de nos vies, toute une vie ne demande qu’à s’épanouir.

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