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Ouvrir les yeux à la vie
Pour mieux les fermer à la mort


Michel René - Plus nous vieillissons, plus nous approchons de l’ultime moment où l’on devra lâcher prise une fois pour toutes. Fatalité, espérance, angoisse ou délivrance? Les grandes questions trouveront les grandes réponses. Mais je reste persuadé que l’on quitte cette vie avec l’impression que l’on vient de la commencer. Nous mourrons avec le sentiment que l’on vient de naître.

Alors, si la vie est si brève, pourquoi plusieurs d’entre nous ont-ils tendance à la laisser filer? Évidemment, me direz-vous, c’est différent pour chacun d’entre nous. Il y a ceux qui cherchent et ceux qui semblent avoir trouvé. Il y a ceux qui foncent, ceux qui se défoncent et il y a les autres qui tâtonnent. Vous est-il déjà arrivé de penser que plus on observe la vie s’écouler, plus elle s’écoule lentement? Comme si, de ne rien en faire, nous pouvions la retenir, la faire durer plus longtemps. Mais avons-nous le droit de gaspiller ainsi notre vie à la laisser passer? Nous le savons tous, plus on fait de choses dans la vie, plus on constate que le temps passe vite. En revanche, n’entendons-nous pas aussi souvent dire que plus on fait de choses, plus on trouve le temps pour en faire encore plus? Paradoxal, n’est-ce pas? À regretter chaque instant qui passe finalement, puisqu’au moment où passe il est déjà passé. L’élasticité du temps n’a qu’un sens et, malheureusement, l’élastique s’use et s’amenuise. Il y a donc urgence de vivre.

La vie est un état qui nous est imposé. Je m’exprime ici hors de toute croyance. Nous arrivons comme ça, sans l’avoir demandé. Et la vie exige de nous que nous y participions. Cependant, certains abdiquent, ils abandonnent. Soit qu’ils n’y comprennent rien, ou, au contraire, soit qu’ils en aient une compréhension qui nous dépasse. Ceux-là choisissent de ne pas poursuivre. Mais nous qui poursuivons avons-nous le sentiment de bien régir nos vies, de bien utiliser le temps qui nous est imparti? Vie heureuse ou malheureuse, vie riche ou médiocre, nous avons le choix de la laisser être ou de tenter de l’améliorer. Et là aussi, il y a paradoxe. Car la vie est ce qu’elle doit être et nous mène, semble-t-il, là où on doit aller. Je dirais toutefois que nous avons le devoir de l’améliorer et celui d’y participer, de l’enrichir et d’en profiter, de prendre d’elle et de lui donner.

Prenons-nous suffisamment conscience de notre état d’être privilégié? Somme toute, et quoi que nous en pensions, malgré les obstacles, les difficultés, n’avons-nous pas le sentiment d’apprendre, de nous enrichir, de croître. Nous ne sommes que temporairement passagers sur un vaisseau gigantesque qui voyage dans un univers sans limite. Nous sommes très grands et tout petits à la fois. Vaut-il mieux ne pas poser de question et vivre du mieux qu’on peut cet état d’humain temporaire qu’est le nôtre? Avons-nous le choix?

La vie et belle malgré tout et nous devons l’embellir davantage. En franchissant les pires obstacles, nous atteignons les meilleures satisfactions. En profitant de chaque seconde de notre brève existence, nous aurons la certitude d’avoir bien vécu. Il reste à chacun de nous à réfléchir spirituellement à la nécessité de ce passage sur terre.

Et, comme disait Léonard de Vinci : « Une journée bien employée donne un bon sommeil, une vie bien employée procure une mort tranquille ». J’ajouterais qu’il vaut mieux ouvrir les yeux à la vie pour mieux les fermer à la mort. Bon mois de novembre.



Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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