Clavardez avec nous !


Mai 2012
Vivre comme l'on pense ou penser comme l'on vit?

Michel René -

Vous souvenez-vous de ces paroles d’une chanson de Jean-Pierre Ferland : « La vie m’aime et je l’aime autant. L’univers m’appartient. La vie, c’est ma vie, et le temps c’est mon temps »? Sommes-nous tous en mesure de dire la même chose? N’avons-nous pas parfois l’impression de vivre en marge de notre vie? De nous abandonner à la vie plutôt que de s’abonner à elle pour la vie? De passer à côté de quelque chose qui aurait pu être nôtre, mais que l’on voit généralement dans la vie d’un autre? Ne sommes-nous pas enclins à nous laisser guider dans le sillage de ceux qui nous précèdent, qui nous influencent ou nous dominent, au lieu de nous acharner à creuser nos propres sillons? En somme, ne serions-nous pas mieux de vivre comme l’on pense afin d’éviter d’en venir à penser comme l’on vit?

Qu’est-ce qui fait qu’on se laisse tant porter dans la vie? Je l’ai souvent dit, il faut écouter notre petite voix intérieure. C’est là que réside notre vérité, c’est là que gîte l’essence même de chacune de nos vies. Cette voix, c’est la voie. C’est le sillon principal dans lequel nous devrions marcher aveuglément. C’est elle qui nous guiderait vers notre véritable actualisation. Mais cette voix a deux grands ennemis, le doute et la peur. Et nous leur cédons la place trop facilement, attirés que nous sommes vers le divertissement, la fuite et le laisser pour compte. N’abdiquons-nous pas trop facilement devant l’épreuve, la difficulté, la lourdeur des tâches et la crainte de l’échec? Ne serions-nous pas un tant soit peu paresseux?

Nous naissons tous avec un bagage génétique. Nous portons tous en nous des gênes de nos ancêtres. Ce bagage est constitué d’outils qui nous façonnent. Nous devons faire avec et nous nous devons de l’améliorer. De plus, au fil de notre croissance, nous acquérons des connaissances, une culture, des croyances et notre esprit s’ouvre sur une façon d’être, une façon de vouloir, une façon d’envisager la vie. Et il arrive un âge où nous nous croyons prêts à nous engager socialement, affectivement, professionnellement. Et nous voilà partis! De sillon en sillon, de réalisation en réalisation. Nous labourons notre espace vie, subissant de nombreuses influences souvent négatives ou déstabilisatrices. Jusqu’au jour où l’on s’arrête, ou que la vie nous oblige à nous arrêter, et l’on s’interroge sur nos visées véritables, sur les embranchements que nous avons choisis aux croisements de notre destinée. Et c’est là, parfois, que l’on constate que ce que l’on a fait n’est pas tout à fait en harmonie avec nos premières aspirations, avec cette petite voix qui devait nous servir de maître à penser. Nous constatons finalement que nous en sommes venus à penser comme l’on vit, en modifiant souvent inconsciemment notre mode de pensée pour le mouler à notre façon d’exister.

Bien sûr, il existe de nombreuses personnes qui vivent en harmonie avec leur véritable raison d’être, et elles le vivent avec conviction et bonheur. C’est de celles-là dont il faudrait s’inspirer, c’est celles-là qu’il faudrait ériger en modèles au tableau de nos objectifs de vie. Mais que risque-t-il d’arriver, pensez-vous? Nous en connaissons même un qui a été crucifié. À trop vouloir se croire sur la bonne voie, nous arrivons finalement à taire toutes nos petites voix.

Francis Cabrel résume différemment cela en chantant : « La vie me donne ce que j’attends d’elle. » Alors, nous devrions peut-être chanter plus fréquemment, car c’est aussi dans les chansons qu’on apprend la vie!

Des commentaires ? Réagissez en cliquant ici.


Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



Accueil_A propos_Produits_Entrevues_Philosophie_Michel René_Clifford Cogger_Pensées_Prières_Textes_C@rtes virtuelles_Clavardage_Liens_Contact

2001-2012, Fondation Giguère.
Version 3.0.