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Prêt pas prêt, j'y vais pareil !

Michel René - Avez-vous déjà remarqué, dans la vie, comment les coups durs arrivent souvent sans prévenir, au moment où on s'y attend le moins? Ces coups durs qui parfois peuvent nous entraîner très bas. Avez-vous remarqué en revanche comment les bonnes choses, elles, nous arrivent à point nommé? Et, sans qu'il y ait nécessairement un équilibre entre bonnes et mauvaises choses, les bonnes atténuent grandement les mauvaises, si ce n'est qu'elles les effacent tout à fait. Elles viennent redonner à la vie sa beauté. D'ailleurs, il paraît qu'on ne reçoit jamais plus que ce que nous ne pouvons supporter.



L'important, c'est d'avancer. Sinon on risque de s'enliser. Courir pieds nus sur des braises vives nous brûlerait moins que d'y être attaché à un poteau. La vie c'est ça, plus on passe à l'action, moins on risque les plaies de lit. Plus on avance, moins on recule. Même si parfois il faut avancer en arrière, comme disait le chauffeur d'autobus. Et c'est permis de prendre un recul pour mieux rebondir, si on a à l'esprit l'idée de progresser, non de régresser. Chacun son rythme, il va sans dire, et même si chaque fois que nous avançons de trois pas nous reculons de deux, il faut bien avouer que nous en avons au moins un de franchi.

La pire chose, je pense, c'est d'attendre. L'attente nous inhibe et l'attente est tentante. Rien faire, pour certaines personnes, est une garantie de sécurité, de confort. Alors que pour d'autres c'est le contraire; l'insécurité et l'inconfort les allument, les titillent, les provoquent, les choquent et les poussent à bouger, à créer, à vivre quoi. Où réside la sagesse dans tout cela et où sommeille la belle et douce folie?

Je me souviens d'un rêve que je faisais à une certaine époque où tout allait de travers. Juché sur une corniche d'une falaise surplombant une mer en furie, figé sur cette tablette étroite où je n'avais d'espace que la longueur de mes petits pieds, adossé au mur inconfortable de cette falaise, je voyais mes voisins de corniche se lancer l'un après l'autre dans le vide qui, moi, me paralysait. Chacun, chacune, atterrissait allègrement et en toute beauté sur un rocher comme un oiseau fantasque s'y serait posé bravant vents et vagues. Moi, je restais là, sidéré, paralysé, incapable de franchir ce pas si court et pourtant si long, si infranchissable.

Ce rêve traduisait bien mon insécurité à cette époque. Je n'ai jamais sauté dans mon rêve, mes jambes ont fondu en colle gluante sur cette corniche tellement j'avais peur. Mais je me suis repris au réveil et j'ai sauté à pieds joints dans la vie. J'ai choisi l'insécurité et, curieusement, je me suis senti plus sécurisé que jamais.

Sommes-nous lâches d'abdiquer, d'abandonner, de démissionner devant les épreuves de la vie? Un brin de courage se transforme généralement en une tonne de satisfaction. Chaque fois que je vois un oiseau perché sur la plus petite et plus haute branche d'un arbre gigantesque, que je le vois se laisser ballotter au gré des vents même violents, je pense aux ailes qui le sécurisent et aux moyens qu'il a de reprendre son vol s'il dégriffait de son perchoir. Je me surprends à me souhaiter des ailes pour, moi aussi, me prémunir contre les vides immenses que la vie creuse de temps en temps dans nos vies.

La vie, c'est comme une partie de cache-cache avec soi-même. Alors, je me dis que, prêt pas prêt, j'y vais pareil!



Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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