Clavardez avec nous !


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Quand il pleut des cordes…
Dites-vous que le soleil est attaché à l’autre bout !


Michel René -Parfois les cordes sont courtes, parfois les cordes sont longues. Mais il aura suffi d’une longue fin de semaine de congé très ensoleillée pour nous redonner l’espoir d’un bel été. Hiver long, enneigé, froid, hiver qui n’en finissait plus de nous quitter avec, encore à la mi-mai, de la neige au sol dans certains recoins cachés. Curieux comme une journée de belle lumière nous fait oublier rapidement les nombreuses journées de volets clos.

Il en est de même de tout dans la vie. Quand ça va mal, ça va mal. On ne voit plus le bout. La corde est exagérément longue. On ne voit plus comment on pourrait s’en sortir. Soudainement, sans qu’on s’y attende, les choses changent. Un élément nouveau intervient. Des années de vaches maigres se transforment en années de vaches grasses. Des années de mal-être préparent la plupart du temps des années de mieux-être. C’est à se demander si la ligne droite existe dans nos vies, sauf quand la corde est tendue. Tout est en courbe ou en équerre. À chaque tournant une surprise ou… une méprise. À chaque carrefour, la possibilité de choisir. « De deux choses l’une, l’autre c’est le soleil ! » disait l’auteur français Jacques Prévert. Et s’il y a toujours un côté du mur à l’ombre, dites-vous que l’autre est à la lumière et que parfois, quand le soleil est à son zénith l’ombre s’atténue presque totalement. Vaut toujours mieux choisir le beau côté des choses, bien que dans certaines zones ombragées il y ait des beautés et du bonheur cachés.

Toute maison possède plus d’une fenêtre. Chacune ouvre sur un angle différent de la rue, de la cour, du champ ou de l’horizon. Chacune porte notre regard vers la différence ou la relative ressemblance des choses. Car toute chose porte en elle ses particularités. Il faut parfois s’y arrêter pour découvrir un détail qui peut nous mener loin dans notre contemplation, dans nos réflexions, dans notre étonnement ou dans notre émerveillement. S’attarder sur une babiole n’est pas perdre son temps, c’est cultiver le jardin de ses idées, c’est projeter vers l’extérieur ce qui sommeille en dedans de nous. C’est laisser la poésie prendre le pas sur le rationnel, c’est ouvrir les portes de l’inconscient qui ne demande pas mieux que de se révéler. Ce n’est pas en regardant toujours par terre que l’on trouve ce que l’on cherche. On devrait marcher plus souvent le nez en l’air à respirer l’incertitude pour que, pour notre plus grand bien, l’on se frappe contre les hasards heureux de la vie.

Car je pense que ce sont dans les hasards de la vie, dans l’inconnu, que se trouve la véritable voie que l’on devrait suivre. Nous avons trop peur de l’insécurité, nous élevons nos fortifications tellement haut, nous élargissons tellement l’espace de notre bulle qu’il nous devient difficile de laisser place à la surprise, à l’inattendu, l’inespéré. Laissons parler nos intuitions, elles sont sœurs de la vérité. Chacun, chacune, vous pourriez nous raconter un événement heureux de votre vie survenu au moment où vous vous y attendiez le moins, au moment où vous vous sentiez le plus mal, le plus défait, le plus malheureux peut-être. Vous aviez la corde au cou sans savoir qu’à l’autre bout l’espoir y était accroché. Ne devrions-nous pas plus souvent desserrer les nœuds, détendre la corde ou, mieux, se cracher dans les mains et grimper à cette corde attachée au cœur de l’espoir pour y découvrir chacun notre véritable destinée ?

L’été sera là. Beau ou mauvais. Surprise ! Mais, quoi qu’il en soit, ouvrons nos volets, notre intérieur ne s’en portera que mieux.



Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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