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Et si je vous parlais d'Amour ?

Michel René - Je t'aime! Voilà une expression qui en dit beaucoup et qui peut ne plus vouloir rien dire du tout. Faut-il taire nos « Je t'aime » à l'amour tant que nous ne sommes pas certains d'aimer avec un grand A? Le A qui donne la certitude que l'être que l'on aime est celui avec qui l'on veut vivre toute une vie et pour qui nous serions prêts à donner notre vie. Car il y a ceux qui disent je t'aime à tout propos et ceux, plus rares, qui ne le diront peut-être jamais, inquiets de la plénitude de leur sentiment. C'est la question que certains se posent et que je vous propose en cette période de la Saint-Valentin. Vous me direz que ça appartient à chacun d'y répondre et je suis tout à fait d'accord. Je veux juste y voir un peu plus clair avec vous. Ça me tente de vous parler d'amour.



Dire « Je t'aime », c'est exprimer le sentiment présent, l'émotion ressentie, la spontanéité du moment, l'envie de faire plaisir et de partager ce plaisir, le besoin d'avouer ce plaisir, de risquer un pas de plus vers l'autre, de s'avancer un peu plus dans l'aventure humaine, enfin de manifester cette étrange chose qui bouillonne en nous, que nous comprenons plus ou moins et que nous nommons l'amour. Dire « Je t'aime », c'est s'élever un peu plus dans la hiérarchie du bien.

Taire « Je t'aime », ne nous diminue en rien. Ça nous retient. Ça nous laisse en attente, peut-être en indifférence, mais pas nécessairement en déficience. Taire « Je t'aime », c'est exprimer l'inquiétude, l'incertitude de l'amour. C'est aussi laisser au silence les souffrances de la vie, plaies non cicatrisées qui nous empêchent de dire. Ça peut-être simplement ne plus croire en l'amour. En revanche, c'est peut-être aussi idéaliser l'amour. Cependant, à trop vouloir idéaliser l'amour, ne risque-t-on pas de passer au côté de celui qui nous irait? Et puis, est-il possible qu'on mobilise l'amour à ce point tel qu'il serait impossible, voire suspect, de dire « je t'aime » avant d'être absolument sûr du grand, du seul et de l'unique amour? Ouf, ça effraie! Ne trouvez-vous pas?

D'abord, comment arrive-t-on à une certitude de l'amour? Bien mal en pris à ceux et celles qui croyaient s'aimer pour toujours et qui, à présent, ne s'adressent que difficilement, ou pas du tout, la parole. Où se situe la juste mesure? Dans l'esprit de chacun? Dans les habitudes et les coutumes de chacun? Dans les envies, les retenues, dans la gêne ou le sans-gêne? Dans la personnalité et dans le cour de chacun?

Bien sûr, il y a différents niveaux au « Je t'aime » dans un couple! Du « Je t'aime » futile, accessoire, qui sert au manipulateur au « Je t'aime » sincère et éprouvé du couple qui célèbre son cinquantenaire, c'est à chacun de vous d'en faire votre propre hiérarchie. Il y a les « Je t'aime » juvéniles, d'apprentissage, d'émotions puériles, de découvertes et de couvertes. Il y a les autres plus sentis, mais pas pour autant assortis. Ceux-là font mal, mais d'une douleur passagère, parfois mensongère. Il y a ceux qui nous soulèvent et dont on sent que c'est l'ultime. Et pourtant, là aussi la vie a ses surprises.

Alors, doit-on dire de l'amour qu'il est toujours incertain? Ça me plaît de penser cela, car ça donne à chaque amoureux le devoir de le manifester, de l'entretenir, de l'embellir, de l'élever à son niveau le plus beau, le plus près de son idéal propre. Et dire je t'aime à tout propos n'est pas se mentir sur nos sentiments, c'est chaque fois prouver qu'on est constamment à sa recherche.

Bonne Saint-Valentin!



Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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