Clavardez avec nous !


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Difficile d'attraper un chat noir
dans une pièce sombre !


Michel René - N'avez-vous jamais remarqué qu'il nous arrive parfois de chercher là où on sait que nous ne trouverons pas ce que l'on cherche? Comme si nous avions peur de ne pas trouver ou, encore pire, peur de trouver. Comme si l'on s'obstinait à ne pas vouloir trouver, tout en espérant, consciemment ou non, trouver autre chose. N'est-ce pas là s'illusionner?

Je ne parle évidemment pas ici de trouver un objet. Je parle plutôt des grandes questions qui nous préoccupent ou des grandes décisions que nous avons à prendre. De même, je ne m'adresse pas à ceux qui savent où ils s'en vont, qui savent toujours ce qu'ils doivent faire. Je m'adresse à tous les autres pour qui l'incertitude existe, pour qui le doute est fréquent. Et, ma foi, je crois que je m'adresse à pas mal de monde.

Nous savons tous que ce que l'on cherche est enfoui au plus profond de nous. La première intuition n'est-elle pas toujours la meilleure? Alors, pourquoi s'acharner à vouloir trouver une autre solution, une autre avenue, une autre occasion, une autre façon, lorsque la meilleure réponse est déjà dans notre première question? Est-ce parce que nos idées ne sont pas assez claires? Est-ce parce que nous préférons l'ombre à la lumière? Alors, pourquoi essayer d'attraper un chat noir dans une pièce sombre, quand nous savons pertinemment que le chat n'y est pas?

Nous sommes curieusement faits. Par exemple, nous désirons tous, enfin pour la plupart d'entre nous, décrocher un travail, pratiquer une profession qui corresponde à nos aspirations, à nos ambitions, à nos acquis, à nos valeurs. Pourtant, combien parmi nous, font ce qu'ils souhaitaient faire, ce qu'ils rêvaient de faire? Combien parmi nous acceptent de s'arrêter au pied de la montagne, ou à mi-chemin, alors que c'est le sommet qui les ravirait? Avons-nous peur des difficultés? Jouons-nous de la facilité? Il est toujours plus aisé de se laisser porter par la vague que de l'affronter, la traverser. Les obstacles nous freinent-ils trop rapidement? Le courage nous fait-il défaut? Écoutons-nous trop les autres? Et pourtant, comme nous sommes fiers de nous quand nous les franchissons, quand nous les vainquons!

Il en va de même dans toute quête. Que ce soit pour la santé, le spirituel aussi bien que l'amour! N'arrêtons-nous pas trop souvent nos choix sur les mauvais sujets, les mauvaises causes, les mauvaises idées et les mauvaises personnes? Nous illusionnons-nous? Croyant avoir trouvé la satisfaction de soi, nous réalisons tôt ou tard nos déceptions. Tout le cheminement est alors à refaire. Et, là encore, nous avons tendance à oublier nos acquis, éteindre nos envies, et devons repartir à zéro. Pourtant, si nous considérions toutes nos expériences passées, heureuses et malheureuses, petites et grandes, satisfaisantes ou décevantes, comme un bagage d'information, comme une accumulation de signes nécessaires pour fixer nos paramètres, nous accélérerions fort probablement notre croissance personnelle et nous atteindrions des sommets qui nous réjouiraient, qui nous combleraient. Au contraire, nous avons trop souvent la mauvaise habitude de mettre au compte de l'échec un tremplin qui nous propulserait vers nos idéaux. Sommes-nous trop pessimistes, trop défaitistes?

N'est-il pas gratifiant de s'actualiser, de se réaliser? Pourquoi abdiquons-nous si facilement? Préférons-nous la médiocrité, l'inaction, l'inanité? Préférons-nous l'ignorance au savoir? Préférons-nous vivre par procuration? Voir les autres vivre nos rêves au cinéma ou à la télévision, dans un roman-savon comme dans un grand reportage?

Allumez, vous le trouverez votre chat noir!



Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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