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Lettre au Père Noël

Michel René - Cher Père Noël, J’ai 10 ans et je ne crois plus en toi. Plus petit, j’y ai cru… un peu. On me racontait des histoires à ton sujet, mais j’ai vite compris que ça faisait plus plaisir à mes parents qu’à moi-même. D'ailleurs, tu ressemblais souvent à mon père. Mais bon, c’est fou hein, mais on me racontait que, avant, il y a très longtemps, le Père Noël arrivait du Pôle Nord par le ciel, en traîneau tiré par des rênes et chargé de cadeaux. En plus, il entrait chez vous par la cheminée, même s’il restait toujours propre. Comment tu peux croire à ça longtemps?



Hein? Comment peut-on croire à ça longtemps sans passer pour un nono? On sait bien qu’il ne pouvait pas savoir. Penses-tu qu’il pouvait répondre à la demande de tous les enfants du monde? Voyons donc. Y’avait sûrement pas le temps de faire ça dans la même nuit. Plus que ça, il y avait des enfants qui n’avaient même pas eu de réveillon tant leur famille était pauvre, encore moins des cadeaux. Le Père Noël aurait dû être juste pour tout le monde, non?

Même que des fois, on nous menaçait en ton nom de ne pas avoir de cadeaux à Noël si on n’était pas gentil. Ça s’peut-tu? Les enfants, c’est toujours gentil. En tout cas, ça mérite toujours des cadeaux parce que la plupart du temps, c’est pas de leur faute. Les parents nous le disent souvent, quand on est petit on est innocent.

Non, je ne crois plus en toi. Tu fais partie de la parade, t’appartiens aux centres commerciaux, je te vois différent à chaque émission de télévision. T’es maigre, t’es gros, tu portes parfois des lunettes, parfois t’en portes pas. Quelques fois t’es vieux, d’autres fois tes jeunes. T’arrives en bateau, en hélicoptère, en carriole tirée par des chevaux, en auto (je l’ai vu), à pied aussi qu’on m’a dit. Plus que ça, j’en ai même vu un travailler dans une boutique, même, une fois, il y en a un qui faisait la circulation. Comment on peut arriver à croire à tout ça?

Pourtant, je t’écris quand même, car les grands continuent à parler de toi. Ils continuent à te multiplier partout dans le temps des fêtes et ils te font même arriver de plus en plus tôt dans les centres commerciaux. On dirait presque qu’ils croient plus en toi qu’en Dieu. Peut-être qu’enfin pourrais-tu jouer son rôle et nous apporter les vrais cadeaux. Il faudrait pour ça que tu changes tes habitudes. Que tu laisses tomber l’emballage outrancier des cadeaux bidon qui ne servent à rien deux trois jours plus tard. Il faudrait pour ça que t’arrêtes de prendre les enfants pour des idiots et que tu penses un peu plus à notre avenir.

C’est pour cela que je te demande de penser à tout ce que tu pourrais faire de beau, de bien et de grandiose. Ça ne serait pas grand-chose pour quelqu’un comme toi à qui on donne un si grand pouvoir d’attraction. Ça ferait de sacrément beaux cadeaux si tu arrivais à seulement éveiller les consciences de tous les gens de la planète afin de trouver des solutions aux problèmes d’environnement et de pollution, de faim et de famine dans le monde, de l’endettement et de la pauvreté qui ne cessent de croître autour du globe, des guerres et des conflits qui n’en finissent plus, du terrorisme qui menace, des violations des droits de la personne qui gênent et qui choquent, des maladies graves et des pandémies qui tuent.

Imagine si tu arrivais à régler tout ça! Là, je commencerais à croire en toi. Tu ferais sûrement de la Terre la plus belle boule de Noël.



Veuillez noter que l'opinion exprimée dans ce texte n'engage que l'auteur. La Fondation Giguère n'endosse pas nécessairement ces propos.



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