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Avril 2012
Il faut parfois renvoyer le mauvais génie dans sa lampe

Michel René -

Une lampe étrange découverte chez un brocanteur, tout à fait fortuitement, dans un recoin poussiéreux, oubliée là par le propriétaire de la boutique et juste assez inintéressante pour qu’on ne se donne même pas la peine de se pencher, de la prendre, de la soulever, de l’examiner, d’en demander le prix. Un objet sans valeur, tout petit, presque insignifiant, vieillissant à l’ombre d’objets hétéroclites et sans grand intérêt. Et si cette lampe était magique?

Qui ose encore croire aux contes de fées? Vous. Oui, vous. Votre œil a été attiré. Vous cherchiez la curiosité. Vous espériez le non-objet, la négation de l’objet de valeur. Votre inconscient cherchait l’inutile, le futile, l’irraisonnable. Et vous étiez dans une phase de votre vie, prêt à tout pour combler un vide incompréhensible. Cet objet vous attendait, vous l’avez saisi, vous l’avez dépoussiéré, frotté, presque caressé, et comme pour Aladin, le génie en est sorti. Voilà ce que c’est qu’une illusion. Elle peut s’avérer bonne, mais la plupart du temps elle ne mène nulle part et ne sert qu’à libérer un mauvais génie.


Il y a des gens qui, toute leur vie, courent après cette lanterne magique. Ils s’illusionnent sur leur vie, leurs facultés, leurs talents, leur vision du lendemain. Ils « savent » que quelque chose va se présenter et régler tous leurs problèmes. Ils se laissent porter par le temps, l’attente, par de faux espoirs, ignorant que c’est à chaque moment de leur vie qu’ils auraient dû entretenir la flamme de leur petite lampe personnelle. Qu’ils auraient dû éviter les nuages de la distraction, de l’irresponsabilité et de la procrastination et faire en sorte de bien se planter les pieds en terre pour ne pas se laisser emporter par ces mêmes nuages! L’attrait est irrésistible. On se berce de faux espoirs. On s’endort chaque soir en se disant que demain, peut-être demain, sera le bon jour. Le jour tant attendu où l’on sera libéré du poids de l’existence ou de celui de nos remords ou que sais-je encore? Ce jour lors duquel notre pas prendra une nouvelle direction, celui où notre quête d’absolu sera récompensée. Ce jour extraordinaire où l’on discernera clairement le vrai du faux. Où les solutions surgiront d’elles-mêmes... L’attente est rassurante. Quelque chose finira bien par arriver... Ce qui nous est dû va bien finir par se concrétiser.

Tout ce temps perdu à attendre, sans vraiment savoir ce que l’on attend. C’est le propre du rêveur, de la rêveuse. C’est le lot, que dis-je, le gros lot de tous ceux et celles qui n’arrivent pas à baliser leur route, à se fixer des objectifs. C’est l’empreinte de la fatalité, de l’illusoire et de la grande peur inhibitrice. Mais l’on oublie trop facilement que l’on se doit d’aider le destin. Les fleurs n’arrivent pas dans le vase sans qu’on les y ait mises. 

Il n’y a qu’une seule façon de renvoyer le mauvais génie dans sa lampe pas si magique que ça. C’est de lui faire face. De lui imposer nos vues. De se mettre en action. C’est d’apprendre à s’occuper, à choisir notre direction, à fixer nos bornes, à s’aimer quoi! Ainsi, petit à petit, notre vie que l’on avait remise entre les mains de fantomatiques fausses idées s’enrichira de belles et réelles concrétisations et le bonheur que l’on espérait découvrir dans l’illusoire attente se pointera comme par magie à l’aube d’un nouveau printemps, d’une nouvelle naissance. Et nous saurons que plus jamais nous ne le chercherons dans une lampe mise aux rebuts.

Profitons du printemps pour embellir notre arbre de vie.

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