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Août 2012
Si cela va bien sans le dire
Cela irait bien mieux en le disant


Michel René -

Cyrano de Bergerac disait : « Il y a beaucoup de gens dont la facilité de parler ne vient que de l’impuissance de se taire. » C’est vrai qu’il y a ceux qui parlent, qui parlent et qui parlent tout le temps comme si le silence les effrayait. Et, trop souvent, de leur charabia, il ne sort rien de vraiment positif. Ce sont quelques fois ces mêmes personnes qui, une fois seules, s’entourent d’un environnement sonore (musique, radio, télévision…) qui meuble leur solitude. Cyrano n’a toutefois pas tout à fait raison. Il y a aussi beaucoup de gens dont la facilité de parler vient de la puissance du silence, de l’écoute, du besoin d’échanger, de la beauté de dire, de la magnificence des mots, de l’amour de la vérité et de la vérité de l’amour.

Je ne vous parle pas de poésie cette fois-ci. Non, je vous parle du langage au quotidien. De la communication entre êtres humains. De l’expression de nos besoins, des échanges banals entre vous et l’autre, de la difficulté à faire accepter que l’on puisse dire certaines choses et pas d’autres. En somme, comme le titre l’indique : si cela va bien sans le dire, cela irait beaucoup mieux en le disant.

On peut en effet taire certaines choses parce qu’elles n’apporteraient rien de plus, point final. Tout va bien ainsi. On passe à autre chose. Et c’est très bien. Mais souvent, ce « bien-être sans le dire » peut cacher, consciemment ou non, une façon d’éluder la question, de camoufler notre véritable opinion, ou au contraire notre ignorance. Puis, il y a la peur de blesser, la peur de provoquer, celle de déranger et même la peur de se faire prendre à son propre jeu en voyant se retourner contre nous ce qu’on aurait aimé faire comprendre à l’autre. Alors on abdique rapidement, allègrement… ce n’est pas important, les choses vont s’arranger d’elles-mêmes. Notre esprit est déjà ailleurs. Enfin, « si cela va bien sans le dire » peut marquer une forme d’indifférence, de laisser-aller, de laisser porter. Nos attitudes ont parfois de ces subtilités…

Dire ou taire? Ne sommes-nous pas souvent confrontés à ce dilemme? Combien de fois avons-nous pensé dire spontanément ce que l’on pense, mais qu’après brève réflexion nous nous sommes tus? Combien de fois aurions-nous aimé nous exprimer, pour finalement rester cois en nous disant que dire ne servirait à rien? Combien de fois notre impulsivité nous a-t-elle joué des tours en disant trop vite et trop mal ce qu’on aurait pourtant beaucoup aimé exprimer plus posément? Et ce fameux dicton : « Vaut mieux se tourner la langue sept fois avant de parler », ne nous a-t-il pas plus nui qu’aidés?

Êtes-vous de ceux qui aiment que les choses soient claires? Aimez-vous mieux dire, et vous mordre la langue après si vous vous êtes trompé, que de penser vous la tourner maintes et maintes fois avant de vous exprimer? La vérité, c’est la première chose qui vient au fond de nous et donc, aussi, sur le bord des lèvres. La spontanéité est sœur de l’intuition et je crois qu’il est préférable de leur laisser le champ libre dans le chant de la vie.

Ne trouvez-vous pas que la communication serait plus aisée si nous acceptions d’entendre ce que l’autre a à nous dire sans penser qu’il veut toujours nous nuire ou nous détruire, et que l’autre arrête de s’en faire aussitôt qu’on lui fait remarquer quelque chose sur son physique, sa personnalité, ses idées ou sa quotidienneté?

Pour cela, il suffit d’ajouter un mot au mot communication : amour. Et ça ira bien mieux en le disant.

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