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Georgette Tremblay
« Face à face avec le véritable amour »


Michel René - Il y a des gens sur qui le destin s'acharne, mais qui se découvrent des ressources insoupçonnées pour y faire face. Georgette Tremblay en fait partie. Elle nous livre un témoignage saisissant à savoir comment la vie lui a fait découvrir le véritable amour.

Native des Éboulements dans Charlevoix, elle est la deuxième d'une famille de sept enfants. Elle a douze ans quand sa mère décède. C'est pour elle une tragédie et toute sa vie elle dira : « On a toujours besoin d'une mère. » La maman disparue, elle s'occupe des plus jeunes. Tout ne va pas si mal jusqu'à ce que son père se remarie. Elle n'arrive pas à s'entendre avec sa belle-mère et, à seize ans, elle s'enfuit de la résidence familiale. Ce sont les Sours de la Charité qui la recueilleront et, comme l'une d'entre elles était une amie de sa mère, elle y restera quelque temps, à leurs frais et avec l'assentiment du père bien sûr.

Jolie femme, instruite et dynamique, elle sait cependant qu'elle ne pourra avoir d'enfant. Le médecin l'avait prévenue lors d'une maladie qui l'avait affectée. Qu'à cela ne tienne, elle a de belles années à vivre et celles entre vingt et trente ans sont les plus belles. Elle a un bon travail, mène une vie active, tombe en amour et se marie. Comme le fait d'avoir un enfant vint à lui manquer, ils songèrent à en adopter un.

Surprise ! Malgré les prédictions du médecin, elle devient enceinte. Elle est folle de joie. Mais le bébé paraît trois mois trop tôt et ne pèse que 1½ livre. C'est une fille, on tente l'impossible pour la garder en vie, mais quand Marina a trois mois, sa mère apprend qu'elle est aveugle. Elle est troublée. Une voix lui parle. Elle ne sait plus si cela vient de l'intérieur ou si elle l'entend vraiment, mais la voix lui dit « Cet enfant ne t'appartient pas, c'est mon enfant. Mais soit sans crainte, je serai toujours là pour t'aider. » Elle se dit « C'est la voix du Seigneur», puis dix secondes plus tard : « Non, c'est moi qui devient folle ! » Elle trouve le jeu dur. Personne pour l'aider si ce n'est son époux. Deux ans après, elle met sur pied une fondation pour aider les parents d'enfants aveugles de moins de 18 ans : l'Association des parents d'enfants handicapés visuels.

Quand Marina atteint quatre ans, elle commence à se mutiler. Elle se jette par terre et se frappe le front jusqu'à ce qu'elle se blesse profondément. Georgette apprend alors que sa fille est autiste. Elle perd contact avec le monde extérieur. On conseille à la mère de placer son enfant. Si elle accepte, elle sait qu'elle ne pourra la voir pendant au moins 6 mois et qu'elle sera attachée pour contrer les mutilations. Elle ne peut supporter ça. Elle se souvient de la perte de sa mère à 12 ans. Elle décide avec son époux de la garder envers et contre tous. On les désapprouve. On insiste. Rien n'y fait. Presque sans aide, elle se battra, refusant de laisser les autres s'occuper de sa fille. Chaque jour, malgré les mutilations qui continuent, elle apprend l'amour dans les moindres soins qu'elle prodigue à sa Marina. « Soigner le visage de sa fille, c'était comme soigner celui du Christ» avouera-t-elle. Fini le temps du paraître, de l'aisance financière, de la réussite sociale. Elle s'intériorise, découvre de nouvelles valeurs, l'acceptation, le don de soi, l'espérance et l'amour.

Depuis qu'elle a 20 ans (elle en a 30 à présent), Marina ne se blesse plus. Elle fréquente des centres spécialisés et semble aimer de plus en plus la vie. Georgette appelle ça le miracle de l'amour.

Propos recueillis par Richard Giguère de la Fondation Giguère.




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