Clavardez avec nous !


m a r s    2 0 0 4
Ginette Giguère
« Vaincre sa dépendance affective »


Michel René - Ginette Giguère a cinquante-quatre ans et souffre de dépendance affective. Elle a passé une bonne partie de sa vie sans savoir qui elle était vraiment, abandonnant aux autres le soin de la modeler à leur image, à leur convenance, à leurs désirs. Elle voulait se faire aimer. Elle chemine maintenant depuis quelques années vers un mieux-être appréciable, apprécié. Petit pas par petit pas, un jour à la fois, une petite victoire après l'autre petite victoire.

Dernière d'une famille de neuf enfants, Ginette est d'abord choyée, gâtée comme tout bébé de la famille. Mais la place du petit dernier n'est pas toujours facile à vivre, et pas toujours à l'image de toutes les attentions qu'on peut recevoir. un certain temps. Elle cherche inconsciemment à garder sa place. Elle refoule ses émotions, et, quand elle vient pour les exprimer, elle le fait maladroitement. Elle dérange. Ses frères et sours, victimes, tentent de l'éviter. Pour la tenir à l'écart, on lui offre des sous pour des friandises. Elle bouffe. Elle se gave. Elle mange ses émotions. Elle engraisse. Elle n'avait pas atteint l'âge des menstruations qu'elle allait déjà voir le médecin pour perdre un peu des deux cents livres qu'elle portait.

L'adolescence arrivait. Les garçons l'attiraient, mais elle n'attirait pas les garçons. Elle aurait bien aimé qu'un d'entre eux s'intéresse à elle pour ce qu'elle avait de bien et de beau dans sa personnalité, dans son intérieur. Mais ça ne fonctionnait pas. Elle devint là aussi maladroite dans ses relations. Quand elle réussissait à approcher un individu, comme elle dit, elle « l'agrippait tellement » qu'il fuyait. Elle étouffait les autres et subissait en retour leur indifférence, sinon leur rejet.

Vers l'âge de vingt-quatre ans, elle rencontre Pierre dans un « party » de bureau. Elle se sent attirée par lui parce qu'il semble intéressé à elle malgré son physique. Lui est marié et a deux enfants. Qu'à cela ne tienne, elle voulait prendre ce qui passait sans regarder aux conséquences. Pierre laisse sa femme et ils emménagent ensemble. La réalité fut tout autre avec les enfants et engendra plusieurs difficultés relationnelles, car le père fera toujours passer ses enfants avant elle. Là aussi, elle cherchera sa véritable place.

D'autre part, Pierre avait une réputation de bon buveur qui savait rester sur ses pieds. Aux yeux naïfs de Ginette, c'était un homme, un vrai. Pour elle, la vie était maintenant une partie de plaisir et on s'amusait. Toutefois, ça devient un problème. Le ton monte souvent et l'agressivité verbale de Pierre fait réfléchir. Ginette réalise qu'elle se laisse faire, acceptant de se faire traiter outrageusement. Un mal-être s'installe chez elle. Généreuse, disponible, toujours prête à sauver les autres, elle comprend encore plus ou moins que c'est elle qu'il faut sauver. Elle a besoin d'aide.

Elle en vient donc à participer à un groupe de rencontres et, peu à peu, découvre la vraie Ginette. Elle apprend graduellement à ne plus rendre l'autre responsable de ses malheurs, de son bonheur. Elle apprend l'estime de soi. S'aimer d'abord pour aimer ensuite. Apprendre l'indépendance, la confiance en soi, l'affirmation de soi.

Aujourd'hui, Pierre est sobre depuis onze ans. Lui aussi a cheminé. Les relations familiales se sont bien rétablies. Ginette a découvert ses propres valeurs et a réussi à prendre sa place. Ils vivent ensemble, dans un confort relatif et un respect mutuel, une belle amitié avec beaucoup d'espoir et une grande place à de nouvelles améliorations.

« Vivre? Je ne savais pas ce que c'était. Je vivais en fonction des autres. Maintenant, c'est moi qui vis. » Propos recueillis par Richard Giguère de la Fondation Giguère.




Accueil_A propos_Produits_Entrevues_Philosophie_Michel René_Clifford Cogger_Pensées_Prières_Textes_C@rtes virtuelles_Clavardage_Liens_Contact

2001-2012, Fondation Giguère.
Version 3.0.