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Février 2017
Jacqueline et Gérard
« 75 ans de mariage»



Michel René -

Retournons en 1941 à l’époque où la guerre sévissait en Europe, à l’époque où l’Église abusait de son autorité et de son influence au Québec comme ailleurs. Amoureux, une jeune femme de 19 ans et un jeune homme de 20 ans, petits cousins, croyants et pratiquants, encore mineurs tous les deux selon la loi en vigueur à ce moment, décident de se marier. Compte tenu de leur lien sanguin, le curé refuse leur union. Mais la demoiselle ne s’en laisse pas imposer en menaçant de devenir enceinte puisqu’elle savait qu’un autre couple dans la même situation que la leur avait été marié parce que la jeune femme portait un enfant. Le mariage aura lieu le 20 août de cette année-là. Et ce fut le début d’une longue relation amoureuse qui dure toujours. « Que du beau! » dira Jacqueline en entrevue en levant vers le ciel ses yeux baignés d’émotion. Voici leur histoire que Jacqueline nous a racontée.

À la suite d’une opération à 18 ans, Gérard, originaire de Danville, alla passer sa convalescence chez son oncle à Montréal. L’oncle en question était aussi le grand-père de Jacqueline qui demeurait chez sa tante juste en face, de l’autre côté de la rue. C’est ainsi qu’ils firent connaissance et Gérard prit l’habitude de traverser chaque jour. Vous connaissez la suite, mais pas l’intensité avec laquelle ils vécurent et vivent encore leur quotidien amoureux. Elle nous dira que ça n’a pas été difficile, « c’était un homme merveilleux ». « Mon mari était un homme patient, avec un moral fort. Il m’a même aidé sur ce côté-là. Il était surprenant. Il travaillait beaucoup, c’était un perfectionniste, mais il arrivait toujours du travail en chantant. On ne s’est pas souvent chicanés. Nous étions deux pour traverser les épreuves. Dans la vie, il y a des hauts et aussi des bas, mais quand on a l’amour… Et comme, pour nous, le respect prévalait sur l’amour, le reste allait de soi. »

Jacqueline avait une dévotion à la Vierge Marie. « Marie m’a toujours donné la main. Chaque fois que je lui ai demandé quelque chose, elle me l’a accordé. Et notre amour était entre ses mains. Je la remercie même pour les choses à venir. Mais je n’ai pas toujours été en accord avec l’Église. La religion nous obligeait à des choses dont la foi n’avait pas besoin. C’était même parfois inhumain pour certains : les obliger à la maternité, sauver le bébé avant la mère et quoi encore. Je trouvais ça cruel. Trop d’obligations, trop d’enfants, nuisaient à l’amour, à l’épanouissement. »

Ils eurent six enfants, quatre garçons, deux filles. Du bonheur multiplié. Gérard et elle s’aimaient d’un amour vrai, d’un amour tendre, d’un amour partagé. Il était plein d’attentions à son égard. Jamais il ne partait pour le travail sans lui laisser voir son amour. De petits mots par-ci, de beaux regards par-là, un baiser, une main caressante, une promesse de rentrer. « Ça garde l’amour allumé », précise-t-elle avec le sourire. Et quand il avait à se déplacer vers Montréal, il emmenait toujours son amoureuse. « Mon mari m’a beaucoup aidé. Je continue sur cette force d’amour qu’il m’a donnée. J’ai vécu tellement profondément chaque moment que je n’ai rien oublié. Que du beau finalement! » Encore aujourd’hui, ils se blottissent régulièrement l’un contre l’autre en se murmurant à l’oreille « Je t’aime ».

L’amour a franchi 75 années de bonheur. Amoureux l’un de l’autre, amoureux de la vie, ils partagent encore des moments que pourraient envier bien des jeunes couples d’aujourd’hui.






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