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Louise Vachon Giguère (photographe de la Fondation Giguère)
« La vie est un cours laps de temps pour apprendre à aimer »


Michel René - J'ai eu le plaisir de rencontrer Louise Vachon Giguère qui vit présentement la phase terminale d'une terrible maladie. Malgré le fait que ce n'est pas une personne qui se raconte facilement, j'ai pu découvrir que, pour elle, «c'est plus intelligent d'accepter les choses qu'on ne peut changer au lieu de se rebuter contre elle». C'est en toute simplicité, en toute modestie, encore à se demander si elle faisait bien de parler, qu'elle a accepté de nous raconter.

Louise se croyait une femme en santé. Femme active et sportive (55 ans, bonne et endurante nageuse et grande cycliste), elle surprend par son dynamisme et sa vitalité. Mais voilà qu'un examen médical approfondi révèle ce que toute personne voudrait éviter d'apprendre : elle a un cancer aux poumons qui a étendu ses tentacules en métastases à la hanche complètement dévorée et qu'il faut la changer au complet. Malgré cela, les médecins ne lui donnent plus que de neuf à douze mois pour franchir l'ultime étape vers l'autre monde. Et c'est sérieux, sans retour, définitif. à moins d'un miracle.

Mais tout en voulant bien comprendre qu'un miracle pourrait survenir, Louise ne se fait pas d'illusions. Et c'est là qu'elle surprend son entourage. Car, au lieu de s'apitoyer sur son sort, c'est elle qui distribue les bons mots, les encouragements, c'est elle qui prête l'oreille à l'écoute des autres. C'est elle qui se surprend encore d'être aussi bien soignée, aussi bien entourée, d'entendre d'aussi beaux témoignages d'amour et de reconnaissance de son vivant. Puis, à voir toute la douceur, la tendresse, l'harmonie, la vie et l'amour dans son ouvre photographique, les siens ne devraient pas s'étonner de son absence de révolte. Car, photographe de profession, c'est comme si elle portait en elle l'album de photos d'une vie bien accomplie, acceptée et vécue dans l'harmonie. Elle quittera ce monde de la même manière qu'elle y est arrivée et qu'elle l'aura traversé, en douceur et en confiance.

Dans une certaine mesure, elle se trouve très chanceuse. Elle a beaucoup reçu de la vie, de ses parents, de ses familles, de son conjoint, des amis et. des ancêtres. Elle y croit fermement à ce lien familial et ancestral et elle a la forte impression que c'est eux qu'elle va rejoindre, c'est eux qu'elle va retrouver pour encore partager toute la beauté qu'elle en a gardé. Elle va aller retrouver sa gang, comme elle dit.

L'ironie, c'est qu'elle se remet peu à peu de son opération. La vie est encore là. Mais elle sait qu'un jour assez proche tout commencera à se dégrader. Sa plus grande peur, c'est la souffrance, mais elle se sent protégée. Elle a confiance de retrouver ses proches de l'autre côté et vivre dans le bien-être. Ce qui lui donne des forces, c'est d'accepter et de remercier pour tout ce que les gens lui envoient et lui donnent de positif.

Je me trouvais privilégié d'interviewer ce messager déjà en route vers son ailleurs et je termine par ce message qu'elle livrait aux siens dernièrement : «J'ai tant reçu. que chaque jour est une joie. Je suis portée par les prières et suis sur bien des autels. C'est sans doute pour cela qu'il est si facile de traverser cette situation. Je n'en reviens pas encore de mon moral et je me sens très bien. Je vis chaque jour comme un cadeau très agréable. Merci de tout ce que j'ai reçu ! » Courage de dire, courage d'agir, courage de partir.

Un ange est passé.

>> Consulter le site Internet de Photographie Louise Giguère


e n   s a v o i r   p l u s . . .






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Version 3.0.